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Depuis un mois, la fin du tabac fait un tabac dans les medias. Les écoles,
les administrations et tous les bureaux des entreprises deviennent
non fumeurs. Pour ce qui est des restaurants, cafés et
bars...cela sera dans 11 mois, et on aura encore plein de reportages
sur le sujet. Certains se demandent si ce délai n’est
pas là pour éviter la crise des fumeurs bannis
qui pourront encore s’y défouler. Le
tabac est en train de sortir de notre histoire.
Il a accompagné l’ère
industrielle et représentait il y a 50 ans le clan des
branchés, des épris de liberté face à la
barbarie. Nous passons à une autre époque où les
fumées représentent la pollution et plus le progrès.
Les fumeurs que nous rencontrons sont sous pression, se sentent
harcelés parfois : certains se rebellent et s’agacent,
d’autres se résignent et s’organisent, d’autres
choisissent d’y voir le vent favorable pour devenir non
fumeur. Les DRH et Médecins du travail ont commandé leur
signalétique* et installent
des cendriers dehors. Certains ont choisi de conserver leur fumoir
en y installant une cabine. Tous adressent des messages pour
le respect de l’interdiction
souvent en proposant d’aider les fumeurs à devenir
non fumeurs.
Certaines entreprises qui n’avaient pas fait
appliquer la Loi Evin complètement, notamment de nombreuses
PME, s’y mettent : les amendes et les contrôleurs
sont prêts. On panique dans certains codir car c’est
le Président qui fume le cigare... Dans telle autre entreprise,
on craint de déclarer au client qu’il ne peut plus
fumer chez son conseiller.
C’est un changement radical d’habitude pour certains
qui fumaient encore dans leurs bureaux individuels, considérés
comme une extension de leur espace privé. Il s’agit
d’une nouvelle organisation, souvent pénible. Alors
nous avons une pensée pour tous les fumeurs qui vont fournir
un effort dès aujourd’hui. Et nous vous invitons à lire
ce qui suit pour vous détendre et nous l’espérons éveiller
en vous l’envie de vous mettre non plus au défi
de fumer mais à celui de vivre sans tabac. Quoi que vous
fassiez, votre choix est à respecter.
A nous de jouer
*base : nous
décernons le prix de la signalétique à ce
baiser.
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Oser
devenir non fumeur
Certains
medias, comme le magazine Psychologie (cf article en colonne), ont
choisi d’enquêter sur l’aventure du fumeur qui redevient
non fumeur. Envie de cette aventure ? Prêt, prête
pour cette aventure ? Il y a du OUI et
du Je ne sais pas
dans la tête
des fumeurs. Peur d’arrêter : arrêter, rompre...
Trop dur ! Mais, aussi, oui j’ai envie de redevenir moi-même,
de me faire du bien, de vivre plus simplement, plus harmonieusement. Peur
de de pas y parvenir ou avec douleur : de moins maîtriser ses émotions,
de s’énerver, de craquer; de prendre des kilos, de compenser.
Envie de sentir bon, de ne pas passer son temps à se couper
des autres pour fumer, de ne plus cacher son paquet “fumer tue” à son
fils. Peur de se regarder derrière le voile de fumée,
de se retrouver. Envie de grandir, de lâcher cette part d’adolescence.
Peur de grandir et d’entrer dans le camp des trop sérieux.
Envie de prendre soin de soi, de recommencer à avoir des sensations
plus fines...etc...
Dans nos séminaires No Smoking, les participants font état
de cette dualité le long du chemin : et au fur et à mesure
qu’ils prennent leur distance avec la cigarette, ils s’approprient
davantage les envies et dépassent les peurs. Le propre d’une
aventure ! |
Nos
conseils No Smoking pour aider à l’application
du décret...
• Equilibrez
: d’un côté l’interdiction, de l’autre
de l’aide au sevrage.
• Dans un premier temps, pourquoi pas la cabine fumoirs ?
Surtout si on fumait encore dans les bureaux individuels..
• Si les fumeurs doivent aller dehors : mettre en place un
espace avec des cendriers adéquats.
Si possible à l’écart du hall
d’entrée et avec un auvent.
• Supprimez tous les cendriers : près des ascenseurs, dans les cafétérias...
• Installez des
fontaines d’eau,
des corbeilles de pommes... pour aider les fumeurs à moins fumer et surtout
ceux qui sont en sevrage !
• Faites preuve de fermeté et aussi de compréhension ! |
Contrôleurs
mais pas pères fouettards...
Les
175 000 agents mobilisés et formés par l’état
pour faire respecter l’interdiction ont la possibilité de
mettre des PV aux fumeurs qui fument dans l’espace non
fumeur et à l’établissement qui ne fait
pas respecter la loi.
De 68 Euros pour un fumeur à 750
Euros pour un établissement, ces amendes sont au modèle
des contraventions de la circulation. Mais, le Syndicat des
Médecins Inspecteurs de Santé se refuse à servir
de pervenches ou
de pères fouettards vis à vis
des fumeurs. Ils pensent qu’il faut se donner le temps
de la pédagogie et de la conviction. |
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Tous
mes héros fumaient !
Ce
fut le cri du coeur d’une nouvelle non fumeuse au moment
de fumer sa dernière cigarette, tant il est vrai qu’il
y a une
grande part d’imaginaire dans
notre histoire de fumeur. Pour ma part, j’avais l’élégance
de Gréta Garbo et de Lauren Bacall en tête lorsque
je fumais. Et c’est vrai, qu’il y a moins de trente
ans, presque tous nos héros fumaient...en commençant
par nos parents ! Le tabac n’avait que des vertus
et faisait partie de la panoplie de la séduction et
de la liberté. C’était avant les
cancers du poumon, les révélations sur les manipulations
des cigarettiers et le contenu toxique des cigarettes, avant
la prise de conscience de la pollution atmosphérique..
Aujourd’hui, les nouveaux héros ne fument pas
ou plus. Certains se cachent pour fumer
! D’autres veulent
faire effacer leurs photos de fumeur. Ceci est dommage et inutile.
Charlot garde son chapeau noir et sa canne... parfaitement
démodés.
C’est une autre époque, c’est
tout. Fumer
une cigarette est devenu démodé, déplacé.
Mais nous pouvons garder nos héros en tête, y
compris avec leur cigarette.
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Haro
sur la fumée... pas haro sur les fumeurs
Le décret Bertrand accentue et étend la loi Evin,
qui a pour but la protection des non fumeurs et la santé publique. Il
n’est pas interdit de fumer.
Il est interdit de fumer dans la plupart des lieux publics. D’ailleurs, dans les maisons
de retraite, la chambre est considérée comme
un espace privé et le pensionnaire peut y fumer, idem
pour la cellule des prisons. Par contre, les hôpitaux
deviennent complètement non fumeurs.
Il
est donc autorisé de fumer dehors ! Sans
toutefois, jeter son mégot sur le trottoir. Pourtant, nous pouvons
voir des fumeurs critiqués par des passants sur le trottoir
ou à la terrasse d’un café. A la fin
du 19ème siècle, dans le beau monde, les messieurs
demandaient la permission de fumer aux dames et se retiraient
dans un fumoir pour ne pas imposer l’odeur et la fumée
(d’où le smoking!). La
courtoisie pourrait être
toujours de mise y compris à la terrasse d’un café : “Cela
vous gêne-t-il si je fume ?” “Non, je vous
en prie, mais je vous remercie de mettre votre cigarette dans
l’autre main.” En général, cela se
passe bien si chacun y met du sien, y compris
les non fumeurs.
En tant que tabacologues, nous pensons qu’à trop
harceler les fumeurs, on risque d’être contre productifs.
Donnons envie au plus grand nombre d’aller vers une vie
sans tabac, c’est un bel objectif. Nous voulons le faire
en respectant la liberté individuelle et sans jugement.
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SOS
fumeurs
Pour
vous qui devez changer vos habitudes parce que vous pouviez
encore fumer, soit dans votre bureau, ou dans la salle fumeur
de votre entreprise, voici quelques trucs pour mieux vivre
les prochains jours.
• certes, c’est une contrainte supplémentaire pour vous, alors
nous vous conseillons de ne pas en rajouter en négatitivé,
notamment en pestant, car vous ne ferez que rendre ce moment
plus difficile;
• lorsque vous avez envie de faire une pause et que toutefois vous préférez
ne pas descendre en bas de l’immeuble pour fumer, allez à la fontaine
boire un bon verre d’eau;
• posez vous la question : qu’y a t-il de positif dans cette situation
: cela va m’aider à devenir non fumeur, à moins
fumer....
• si vous fumiez encore en travaillant et avez du mal à vous concentrer
sans la cigarette : faites des pauses cigarettes régulières.
Vous pourrez vous reconcentrer en vous disant que dans 1
heure, vous irez en griller une.
• au début, allez déjeuner dans un restaurant.
Vous
verrez que rapidement, votre comportement va s’ajuster à cette
nouvelle donne. Vous fumerez moins de cigarettes. Probablement que vous
vous direz “tiens je le supporte pas mal, finalement..”
Et si vous alliez voir votre DRH, le Médecin du travail pour vous inscrire à un
programme de sevrage tabagique. Car finalement, vous avez déjà commencé !
A vous de jouer !
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Chaby
Langlois - Françoise Bavcevic
Equipe No Smoking
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Pour recevoir cette lettre mensuelle
et/ou donner l’e-mail d’un contact: confirmer par e-mail cyberlettre@nosmoking.fr
Pour ne plus recevoir cette lettre, faites le nous savoir à nocyberlettre@nosmoking.fr
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LE
TÉMOIGNAGE DU MOIS
“Je ne
fume plus parce que c’est mon choix de vie en ce moment ! J’en
suis heureux et ressens beaucoup de liberté, notamment la
liberté de pouvoir vivre selon mes choix, alors que je me
sentais dépendant de la cigarette. Vous m’avez
aidé à construire ma détermination, mon engagement
et à retrouver confiance en mes propres recours face au stress.
Laurent, 4 mois de vie sans tabac.
Laurent,
4 mois de vie sans tabac. |
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J’ai
du bon tabac dans ma tabatière serait à remplacer...
selon le courant nov langue néo rigoriste, par J’ai
du bon nougat dans ma bonbonnière !
Il faudrait aussi bannir de notre vocabulaire les expressions comme “faire
un tabac” ! Le tabac fait partie de notre histoire illustre
et populaire. Pourquoi le nier et le mépriser ? Quand ma petite
fille chante cette chanson avec sa grand-mère, elle ne songe
pas à en griller une, de même que lorsqu’elle
entonne “sur le pont d’avignon”, elle ne se met
pas à faire la révérence à l’école. |
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De
mes économies : je nous ai offert un super
we en amoureux avec l’argent de ma tire lire depuis
1 ans sans tabac.
De mon souffle : quand je monte les escaliers avec mon fils,
je vois la différence. Je rajeunis !
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«Celui
qui se lève sans tarder et reprend la course,
c’est comme s’il n’était pas tombé.»
Miguel de Molinos |
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